Sociologie des live-tweeters

Traduction, pour les non-geeks qui se seraient perdus sur mon blog : l’action de twitter en direct depuis un évènement d’intérêt public.

C’est un peu la quintessence du site de micro-blogging, puisqu’il s’agit pour les « tweetos » de balancer des phrases clés au moment même où elles sont prononcées, et ainsi de tenir en haleine les suiveurs qui attendent, fébriles, que le flux de tweets continue d’être alimenté en information immédiate.

Cet après-midi, j’étais côté suiveurs, en pyjama dans le canapé du salon, à 17h30, atteinte d’une incapacité totale d’avoir une quelconque activité physique ou intellectuelle, et pourtant emplie de conscience politique: j’ai donc suivi le discours de François Hollande au Bourget, sur Twitter. J’aurais pu trouver une retransmission en direct, mais ça aurait impliqué ouvrir un onglet, taper des mots dans Google, et c’était infaisable, cf la phrase précédente.

Dans ce genre de moment, il existe un quasi monopole de sujet. Bien qu’un peu gauchiste sur les bords, je mets un point d’honneur à suivre sur Twitter des profils divers et variés. Mais même le compte Twitter de Elle.fr ne parlait que de ça. C’est justement dans ce genre de moment qu’on peut voir se dessiner les différentes approches du tweet politique.

1. Le journaliste

Le plus neutre d’entre tous. Tel un robot, il identifie les phrases clés avec l’automatisme d’un dictaphone, mais dans un souci d’utilisation optimale du réseau social, a la présence d’esprit d’y ajouter le hashtag (comprenez, mot clé identifié par un dièse) approprié, à savoir: #Bourget #FH2012.

Au cas où on penserait qu’augmenter les amendes pour les communes qui ne respectent pas les quotas de logements sociaux, c’était une idée à Sarkozy.

2. Le partisan

Finalement assez proche du journaliste, on sent quand même derrière une ponctuation plus enthousiaste ( « !’ ) un jeune stagiaire du PS qui s’est vu attribuer la tâche de twitter tout ce qu’il entend.

3. La groupie

La groupie – ou le, d’ailleurs – partage avec tous ses suiveurs sa détermination à écouter, en direct, le discours de Hollande, peu importe sa localisation dans le monde, l’heure du jour ou de la nuit, ou encore des responsabilités par ailleurs hautement importantes, et témoigne son enthousiasme par de fiers encouragements: « Go Hollande! »

4. Le cynique

Le cynique préfère prendre en photo le seul ancêtre endormi de toute la salle plutôt que de témoigner une once de marque d’intérêt pour l’évènement auquel 1. il assiste, et 2. il live-tweete. Le cynique se plaint aussi du consumérisme quand il fait l’ouverture des soldes aux Galeries Lafayette, et des chanteuses en play-back au concert de Lady Gaga.

5. Le post-tweeteur

Avant même que les flux Twitter soient envahis par des tweets concernant le discours du candidat, le post-tweeteur précise que tweeter sur ce sujet, c’est SO-TOTALLY has been. Et que Twitter, ça craint niveau pensée unique.

6. Le rien-à-voir

… qui n’a pas capté que son tweet sur son dernier brunch allait être complètement noyé dans le flot d’information, quand bien même il existerait une seule personne que ça intéressait.

Merci à tous les live-tweeters grâces à qui je n’ai pas eu à ouvrir un nouvel onglet. Et Go François Hollande !