La colocation c’est comme une soirée pyjama, mais pour toute la vie

Ma colocation, ça ressemble un peu à ça:

Nan je déconne, mais si vous êtes toujours là, c’est que mon teaser a marché.

Vivre avec quelqu’un (qui n’est pas ton mec, donc, dont la fonction n’est pas de te servir de boule anti-stress et de céder à tous tes caprices), me fait l’effet d’un véritable régulateur social, mais pas chiant comme la morale judéo-chrétienne.

J’ai eu cette prise de conscience de façon négative, il y a quelques jours, alors que ma colocataire n’était pas là.

C’est extrêmement difficile de s’adonner aux tâches ménagères quand la propreté de votre appartement ne dépend que de votre propre sens des priorités. Moi par exemple, je m’en fous de la poussière. Dans mon ordre de priorités y’a: 1. manger, 2. m’acheter des fringues, 3. faire une crise existentielle, etc, et 18439: passer l’aspirateur. Et la réponse systématique à la question que je me pose à moi-même « Faut-il que je fasse la vaisselle? » est immanquablement: « Ouais, bof, demain ». Mais à deux, on ne peut pas laisser de moutons de poussières ou de montagnes de vaisselle, c’est juste pas poli.

De même, être tout seul, c’est ne pas avoir de témoins. Quand j’ai envie de manger une pizza au petit déjeuner, en général, je le fais pas. Pas parce que c’est mal ou que ça fait grossir, non, je me restreins parce que je me dis « Ma coloc va penser que je suis complètement déséquilibrée ».

Il y a un truc que je ne fais que depuis que je suis en coloc, c’est me mettre de la crème de nuit. Avant, je considérait qu’il fallait être soit 1. obsédée par son apparence soit 2. quinquagénaire, pour se mettre de la crème de nuit. Mais bon, comme avec ma coloc, quand on se brosse les dents, on papote, souvent, après 3 min, on n’a pas fini notre sujet de conversation. De fait, pour meubler, j’ai commencé à me mettre de la crème. De fait, depuis que je suis en colocation, j’ai la peau hyper douce.

Je suis donc devenue une personne équilibrée, ordonnée et douce, et ce, sans aucun accroc. Parce que la colocation a le mérite d’ouvrir la possibilité de voir sa meilleure pote, tous les jours.

Il est des choses de la vie dont on ne se lasse pas, même quotidiennement. Bon il y a les classiques bonne bouffe, sexe, ou encore Petit Journal, et puis il y a les gens qui ne nous lassent jamais, et dont tous les détails de l’existence, jusqu’à la couleur des chaussettes, nous intéressent au plus haut point.

Résultat, en colocation, le métro-boulot-dodo n’existe plus. Il est remplacé par un métro-boulot-Viens on matte un film, ou métro-boulot-Viens on refait le monde.

Et c’est ainsi, alliant l’utile à l’agréable, que petit à petit, j’apprends, en plus de faire le ménage, ranger, soigner ma décoration, à bricoler ou faire la cuisine. Et aussi parfois, on fait des soirées pyjamas.

Merci à Nico, ma muse, Antoine, mon illustrateur, et Cam, ma petite lanterne.