Typologie des commentateurs de blog

J’ai récemment lu un billet de blog qui met les points sur les « i » des commentateurs qui, persuadés que la vérité sort de la bouche d’internet, pensent qu’un bloggeur raconte sa vie dans les moindres détails, sans jamais s’éloigner de la réalité. 

C’était un article de Titiou Lecoq, qui est à moi ce que Justin Bieber est aux adolescentes pré-pubères: je suis fan quoi. Bref.

Même moi qui ne suis pas encore bloggeuse à succès, mais quand même j’ai 180 followers sur Twitter (oh yeah), j’ai été confrontée à des commentaires qui me laissaient coite.

1. Le critique philosophe

Le critique philosophe prend consciencieusement le temps d’écrire un commentaire d’une cinquantaine de lignes, pour t’expliquer gentiment, mais fermement, que tu n’es qu’une petite conne décérébrée, et que ton blog est de la merde.

Là, forcément, t’as envie de répondre: « Ben alors pourquoi tu perds 45 min à copier-coller Roland Barthes à chaque fois que je publie un nouvel article, blaireau? »

2. Le hargneux (ou pour les geeks: le hater)

Je le soupçonne de passer sa journée de blog en blog pour cracher son venin dès qu’il lit un article. Peu importe le contenu, il trouvera toujours un moyen de balancer des « pathétiques », « nul », « mal écrit ». Bien évidemment, le spécimen est dépourvu de second degré, voire de cerveau et quand il lit « Le problème avec les pauvres, c’est qu’ils n’ont pas d’argent », va te répondre un truc genre « t’es vraiment qu’une connasse de dire ça, ça se fait trop pas. D’ailleurs le vrai problème, c’est la politique ».

Finalement, je me dis que la fonction d’un blog est peut-être aussi de faire office de catharsis, donc si ça peut éviter à un pervers narcissique d’être violent avec son entourage, je me félicite d’avoir une utilité sociale (parce qu’écrire un billet sur mon cours de gym suédoise, je l’avoue bien volontiers, a eu un impact très limité sur la présidentielle).

3. La groupie

Comme moi chez Titiou Lecoq, certains commentateurs pensent « Mais c’est OUF comme j’adore c’est génial fantastique méga incroyable », à la lecture. Personnellement, je le garde pour moi (oui parce que bon, j’assume mon côté groupie de Norman fait des vidéos ou de Titiou Lecoq, mais au quotidien, je fais du droit public, or bizarrement, ça passe pas toujours de faire des blagues sur le porno zoophile avec des futurs conseillers d’Etat). Mais y’a plein de gens qui s’extasient, comme ça, gratuitement. C’est fou.

Avis à mes propres (rares? copines déguisées sous des pseudos?) groupies: je vous aime, du love, continuez.

4. Le polémique

Pour le commentateur polémique, tout est sujet à débat. C’est pas que j’aime pas la polémique; à mes heures perdues, il m’arrive d’écrire des billets qui y sont sujet. Mais clairement, la majorité du temps, c’est pas le cas (ce qui ne préjuge en rien de ma superficialité, cf l’URL de ce blog).Quand je raconte que je me suis pété l’orteil, le commentateur polémique questionne « Hmm quand tu dis métastase, tu voulais plutôt dire métatarse non? ». Réponse: ON S’EN TAPE.

5. Le rien à voir

Un jour j’ai publié un article sur ma future potentielle carrière d’écrivain ratée, et quelqu’un a commenté sur les politiques éducatives (en utilisant le pseudo « chatel »).

Soit y’a un truc qui m’a échappé dans mon propre article, soit il existe des niveaux de polysémies encore inexpliqués par certains cerveaux humains.

6. La star

Quand un grand bloggeur commente ton blog, c’est un peu la consécration. Genre, quand Olivier Berruyer m’a dit que mon blog était sympa, j’ai appelé ma mère en pleurant (en plus il est économiste – j’ai donc décidé que ma légitimité intellectuelle était gravée dans le marbre, ce à quoi mon prof de macroéconomie n’a pas encore adhéré, mais j’y travaille). Et quand Elle.fr m’a mentionné dans un tweet, je l’ai retweeté, facebooké, googleplussé, et ai fait passer une annonce AFP diffusée par banderoles aériennes.

(Titiou Lecoq si tu me lis, tu sais ce qu’il te reste à faire).

7. Mon papa

Il est fort possible que, statistiquement, ça soit mon premier commentateur. C’est un super papa.