alcool

Algorithme de la gueule de bois

Dimanche dernier, en me réveillant le matin à 18h, je suis allée retrouver mes copinettes au café (coucou les copinettes). Comme on est toutes très belles et intelligentes, on s’est mises à parler de dialectique hegelienne de nos problèmes existentiels.

(cette accroche peut furieusement laisser penser que ce billet ressemble à un billet de filles qui se posent trop-méga-plein de questions sur leur féminité, mais il n’en est rien. Continuez de le lire, svp).

On se disait qu’être vieilles (on a 24 ans) c’était chiant parce qu’on avait presque des rides, presque de la cellulite et presque des cheveux blancs – pas forcément dans cet ordre.

Et puis on s’est rendues compte que le pire dans toute cette histoire de devenir vieux, c’était pas la sénilité, l’arthrite ou Halzeimer, c’était qu’on supportait vachement moins la gueule de bois.

D’où ma formule mathématique hautement scientifique, issue de calculs avec plein de racines carrées: ton niveau de gueule de bois est proportionnel au nombre de  mojitos ingurgités, divisés par le nombre d’années au dessus de 16 que tu as sur ton état civil. Tu multiplies le tout par racine de Pi et tu obtiens le nombre de Doliprane à avaler.

Quand j’avais 18 16 ans, soit quand j’ai commencé à goûter doucement aux plaisirs de l’alcool me foutre des énormes murges (je vous l’accorde le mot « murge » est un des plus affreux qui existent sur la planète, avec « torve », mais à ma décharge, j’ai grandi dans le Nord-Pas-de-Calais, donc j’ai eu une enfance difficile), je buvais l’équivalent d’une bouteille de vodka, puis je bougeais mon boule en boîte jusqu’à 4h, puis j’allais en cours à 8h, un peu vaseuse, et à 14h, c’était oublié.

Je pouvais recommencer l’opération jusqu’à 4 fois par semaine, sans incidence sur mon état physique.

A 18 ans, je vomissais dans les toilettes du Seven Heaven (toi qui as vécu dans le NPDC, tu sais de quoi je parle) et le lendemain matin, je me réveillais fraîche et pimpante, ressemblant comme deux gouttes d’eau à Kate Moss (si, si). Et si un pote me disais « Tu sais qu’hier tu as dansé la Macarena sur le bar avant de t’endormir la bouche ouverte contre la porte du vestiaire », je répondais « ah ouai? aucun souvenir » et pouf, je passais à autre chose (autre chose étant, vous l’aurez compris, lire un livre ou aller voir une expo).

A 19 ans je faisais pas la fête parce que j’étais en prépa donc j’étais quelqu’un d’assez ennuyeux.

Et aujourd’hui, au bout de trois verres, je dis « Ohlala, après j’arrête parce que sinon je vais être pompette ». Mais en vrai j’en bois 9 de plus et le lendemain, je ressemble à ça:

(y’en a 4 parce que c’est le nombre de reflets de moi-même que je vois dans le miroir).

Je dors jusqu’à 16h, je me réveille en vérifiant qu’il n’y a pas un(e) inconnu(e) sous ma couette, j’appelle mes copines pour leur dire « aaagrrrghrhrh » et je me recouche.

Le surlendemain, je passe la matinée de boulot la tête entre les mains à me concentrer pour pas vomir, en me demandant si mon comportement irresponsable n’est pas révélateur d’une frustration existentielle et d’une recherche de l’extrême, exprimant un complexe freudien refoulé.

Le surlendemain après-midi, je me jure de plus jamais toucher à un mojito.

Le surlendemain soir je vais voir mes copines pour leur raconter ma nouvelle théorie sur la gueule de bois. Et on commande une bouteille de vin.

SUR CE je vous laisse, et je vous souhaite un bon weekend de Pâques, que personnellement je vais passer en PICARDIE (c’est comme le Nord-Pas-de-Calais, mais sans les moules).

 

Bisous

Caces-dédi: celle qui va avoir 25 ans, celle à qui on a trouvé un cheveu BLOND, et celle qui ne sait pas regarder 2 mains en même temps.

Et aussi un (futur) grand danseur, un amateur de Matrix, et une cachotière.