chomage

C’est pas le chômage qui ennuie, c’est l’ennui qui est au chômage

J’ai réalisé une chose depuis que je suis chômeuse active : il y a vachement d’heures entre le moment où tu te lèves et le moment où tu vas te coucher (dixit Bergson. Non, je déconne, c’est dixit Moi-même).

Conséquemment, je tente de remplir ces heures par autre chose que « glandouiller », histoire que mes fesses ne se soudent pas définitivement dans la housse de mon canapé, et que pour toute activité sociale, je ne raconte sur Twitter que je me suis re-matté la saison 2 de « Friends » (d’une traite).

J’ai commencé par me renseigner sur la théorie de la relativité et de la perception de la conscience humaine et non-humaine du temps qui passe, et j’ai checké l’étymologie de l’expression « tuer le temps ». J’ai réalisé que ça ne me ferait certainement pas office de tueur de temps, de connaître l’étymologie de l’expression, alors je me suis mise à faire des activités.

Episode 1 : faire la cuisine

« La cuisine, c’est ludique et ça me fait gagner des points de popularité auprès de ma coloc d’amour. »

Me suis-je dit, pleine de bonne volonté.

Illusion. Leurre. Grosse arnaque. La cuisine n’est pas une activité, c’est un don que l’on reçoit par magie du Dieu Suprême de la Gastronomie et de la Gourmandise (DSGG) et qui m’a subrepticement (et cruellement) zappée lors de sa Divine Distribution de Dons.

(je l’ai réalisé quand j’ai oublié certains ingrédients dans mon gâteau au yaourt. Comme, de la farine. Ou, du yaourt).

Je me dis que je sais faire plein d’autres trucs. Faire les doigts de Spock très vite, par exemple.

(bref)

Mais c’est pas grave parce que j’ai trouvé l’explication. Il se trouve qu’il existe déjà plein de Rachel (c’est mon prénom) qui font ce truc (la cuisine) comme métier. Donc le quota de Rachels cuisinières a déjà été rempli (rapport au karma planétaire, tout ça).

Preuve numéro 1 :

Preuve numéro 2 :

Bref, j’ai laissé tomber la cuisine. Je me suis alors mise à aller courir.

Episode 2 : la course à pieds

Je me suis acheté des baskets de cosmonautes, avec plein de ressorts à l’intérieur, et avec le vendeur de chez GoSport, on a fait un remake de « la Guerre des Etoiles », dans le rayon « Running » (y’a vaguement un lien avec les cosmonautes. C’est l’espace, le lien. Ca nous a semblé assez évident avec mon nouveau pote de chez GoSport). On a bien rigolé.

Comme j’ai pas très envie de 1. me faire découper en morceaux, ou 2. trouver les morceaux de gens qu’un chinois a préalablement découpé sur mon chemin, j’évite de courir dans la forêt. C’est dommage, je rate tous les goodies de la joggeuse (fabrique ton propre cadavre humain en collectionnant les membres arrachés à chaque kilomètre parcouru, etc.), mais c’est pas très grave.

Je vais au parc Monceau avec ma copine-qui-a-beaucoup-d’abdominaux (coucou). Parfois on se fait siffler par des blaireaux qui glandouillent le cul collé sur un banc, et c’est pas très pratique parce que comme le tour du parc Monceau ne fait que 1 km, ben on se fait siffler 8 fois d’affilée. Et je peux pas vraiment leur arracher les membres pour leur donner une leçon, rapport au fait qu’il n’y a pas de forêt sombre, au parc Monceau.

Après je rentre en métro, et forte de ma poussée d’endorphines, je me sens un peu « Super-Metro-Woman », j’engueule les gens qui ne cèdent pas leurs places aux personnes âgées. Je leur dis « Hé ! T’as pas vu l’écriteau? » (« écriteau », c’est un mot qu’on n’utilise pas assez souvent). Ensuite je me mets à côté d’eux et je m’arrange pour que mes aisselles leur arrivent pile sous le nez. Je rigole bien.

Bon après, le problème quand on va courir et qu’on est hypocondriaque de petite composition, c’est que, assez rapidement, on se fait mal. Genoux, dos, tendons, that kind of hypocondrie.

Mais c’est pas grave, ça me fait une autre activité.

Episode 3 : aller chez le médecin

Je suis allée voir un premier médecin, je lui ai dit : « Bonjour docteur, je suis fatiguée et j’ai mal aux jambes ». Il m’a répondu : « Vous êtes stressée, détendez-vous ».

J’ai pas été très convaincue par son diagnostic, alors je suis allée voir un kiné, qui m’a dit d’aller chez un autre généraliste pour m’envoyer chez le radiologue et chez le podologue. L’autre médecin il m’a dit que je devais faire une radio et une écho, et qu’ensuite il déciderait s’il m’envoyait chez le podologue (et aussi chez le kiné). Je suis allée chercher mes médicaments mais le pharmacien m’a dit que je pourrais avoir l’autre moitié de mes médicaments que dans 2 semaines.

J’avais l’intention d’aller chez le dentiste, le rhumato, l’ostéo et l’ophtalmo, mais je crois que ça irait plus vite si j’allais directement chez le psy.

Episode 4 : profiter des petits bonheurs de la vie

Finalement on ne se rend pas compte, quand on n’est pas chômeur actif, à quel point notre quotidien est ponctué de petits événements auxquels on n’accorde pas l’attention qu’ils méritent.

Par exemple, quand le dernier Norman fait des vidéos est sorti, je n’ai pas juste souri en me disant : « Cool, un nouveau Norman fait des vidéos ». J’ai hurlé, j’ai composé une petite chorégraphie en l’honneur de ce moment de plaisir, j’ai diffusé une annonce pluri-media, et je me suis laissée envahir par l’illumination de mon existence en le regardant 5 fois d’affilée.

Ou alors, quand ma coloc d’amour a dit : « Il faudrait appeler EDF pour .. », j’ai crié « MOI-MOI-MOI-MOI », et j’ai passé 45 min au téléphone avec l’agent EDF (coucou Patrick). Je suis vachement au fait du relevé des compteurs ET des vacances à la montagne de Patrick, maintenant.

BREF, quand on me demande le weekend si je m’ennuie pas trop au chômage, j’ai envie de dire, c’est pas moi qui m’ennuie au chômage, c’est le chômage qui s’ennuie de moi !

ps : chers recruteurs du Travail Intéressant et Rémunérateur, comme vous pouvez le constater, j’ai inséré dans le blogue un gif animé représentant Indiana Jones poursuivi par une tête géante surplombée d’un chat roux. Ceci est certes le signe d’une grande créativité et d’un certain sens de l’humour, mais surtout d’un sacré nombre d’heures disponibles entre toutes les activités ludiques précitées. Alors don’t hesitate (YES je parle aussi anglais).