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Sexy Dance 5

L’autre jour j’avais vraiment envie d’aller voir Sexy Dance 4. C’est un problème parce que mes amis c’est plutôt du genre à mater des films de Jacques Tourneur et autres films en noir et blanc sous-titrés en jaune. En général, ça ne me pose pas trop de problème d’aller au cinéma toute seule, mais pour une raison qui m’échappe, être seul(e) dans une salle de cinéma c’est nettement plus normal quand il s’agit d’un film coréen des années 60 plutôt qu’un gros blockbuster. D’ailleurs, quand il s’agit d’aller voir un film de Vinterberg, j’ai toujours un ami qui est là pour me dire : « Ah super ! je l’ai justement rencontré à une retrospective Dogma à Copenhague. Bouleversant, n’est-ce pas? ».

Mais j’ai finalement réussi à traîner une copine dont je tairai le nom Anaïs afin de préserver toute son intégrité.

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(Heureusement pour moi, je m’étais refait la trilogie des Sexy Dance précédents quand j’étais au chômage, comme ça j’ai rien loupé à l’intrigue.)

La quadralogie des Sexy Dance part d’une base de scénario composé d’ingrédients simples :

– un jeune homme plein d’abdominaux

– une jeune femme pleine de yeux de biche et de bouche pulpeuse

– une différence de statut social entre les précitées parties prenantes

– des chorégraphies de hip hop agrémentées d’effets spéciaux de dingue

– un petit gringalet qui en fait, se touche pas mal niveau Mickael-Jackson-attitude

Après, il suffit de mélanger tout ça : soit c’est le jeune homme qui vient de la banlieue et qui va réussir à intégrer la prestigieuse école de danse (Sexy Dance 1), soit c’est la jeune femme qui zone à Baltimore qui va se battre pour gagner un concours (Sexy Dance 2), soit c’est le gringalet petit bourgeois qui poursuit son rêve de danse plutôt que d’ingénierie (Sexy Dance 3), soit c’est le serveur qui se tape la fille du patron de l’hôtel à coup de flashmob (Sexy Dance 4). Enfin, l’ingrédient principal, c’est que les effets spéciaux doivent aller croissant d’un Sexy Dance à l’autre, histoire de pas perdre l’audience.

Dans le 1, y’a un vulgaire gala de l’école (#lame), dans le 2, on passe à des battles dans des boîtes de nuits hip-hop, chorégraphies sous la pluie et jeux de lumières avec des phares de voitures tunnées (#peutmieuxfaire), dans le 3 on passe l’étape supérieure avec des costumes recouverts de LEDs colorés qui évoluent au gré de la choré, le tout dans une battle de boîte ET sous la pluie (#bim).

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Dans le 4, on danse en faisant du saut à l’élastique, on se transforme en statue de Rodin et tableau de Mondrian, les voitures tunnées dansent dans la chorégraphie, le tout sous la pluie, dans le sable, dans la mer, sur des trampolines et sur des escalators (#tupeuxpastest).

Afin de continuer sur cette merveilleuse lancée le travail impressionnant de progrès exponentiel des scénaristes, je me permets de soumettre mes suggestions pour le prochain Sexy Dance :

Leeroy, jeune premier d’une famille de militaires américains, est promis à une grande carrière de cosmonaute… Mais son plus grand rêve : danser. Il est incompris par son entourage et se sent coincé dans un univers auquel il n’appartient pas.

*Violons*

Un jour qu’il improvise une chorégraphie dans la salle de contrôle * Gros son hip hop * il fait une fausse manip et lance par mégarde la fusée dans laquelle il se trouve. Il atterrit sur Mars !

* Son éléctro-boum-boum*

La navette Curiosity avait caché au Monde que Mars était peuplé d’un tribu de danseurs mystiques, parce qu’ils sont pauvres, et que y’en avait déjà un sacré paquet sur Terre pour qu’on s’occupe des martiens. Mais la tribu accueille Leeroy en leur sein car il a fait ses preuves en vagues-avec-ses-bras et en danse-du-robot, ce qui a charmé Leoala, la fille du Roi des Martiens.

(là c’est l’occas de caser une super chorégraphie en 3D qui se passerait en apesanteur).

Sa famille ne comprend pas qu’il ne veuille plus revenir sur Terre. Heureusement, les sages de la tribu des martiens lui rappellent les 2 messages essentiels de Sexy Dance, la pentalogie :

– « You have to fight for your dreams » (Il faut se battre pour ses rêves)

– Tout peut se régler à la danse, même les conflits interplanétaires.

Alors Leeroy et tous les martiens préparent une super chorégraphie qui font intervenir : la gravité, des aéronefs tunnés, des pluies d’étoiles filantes, des costumes de cosmonautes qui laissent voir les nombrils des martiennes, et des manipulations atmosphériques.

A la fin, le président Obama ferait un petit pas de claquettes pour annoncer au système solaire que la Terre et Mars sont dorénavant amis, et le monde entier se dirait que ce président, c’est quand même le plus cool de tous les présidents. Et Leeroy et Leoala s’embrasseraient langoureusement sur la musique du dernier boysband en date.

(de rien les producteurs !)