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Écrire un roman, suite et fin

L’année dernière, je bassinais la blogosphère avec mes états d’âme d’écrivaine en devenir. Aujourd’hui je vais faire de même avec mes états d’âme écrivaine tout court.

Et oui, tout a commencé le jour où j’ai fait un selfie avec Emmanuel Carrère au Salon du Livre 2014.

Clairement, depuis ce moment historique, ma seule et unique ambition dans la vie est que lui aussi, un jour, m’aborde pour me demander d’avoir l’immense honneur de me faire squatter son compte Instagram. Et ce, en gloussant, ou plus exactement, comme moi, en poussant du coude une copine qui lui demande l’autorisation de le selfiser en gloussant (je la soupçonne d’avoir voulu draguer Emmanuel Carrère. Je sais pas trop si j’aurais envie de me le taper, moi, dans la mesure où se prosterner devant son génie suprême ça doit être assez fatiguant pour les genoux, à la longue).

Mais la question ne s’est pas vraiment posée, puisqu’il a gentiment accepté sans même être trop condescendant et est retourné à ces petites affaires – cet homme serait il donc parfait ? Et figurez vous que le lendemain, j’ai signé un contrat d’édition. (coucou Armand, des éditions Intervalles, tout plein de bisous).

Bon, pour tout vous avouer

ça faisait déjà 1 an et demi que je l’avais écrit, le roman. Faut pas déconner, je sais que je suis assez costaud niveau blabla de l’écriture et des internets, mais tout de même (après tout j’ai écrit au moins plus de 4 billets sur ce blog en 1 an ! *  incredible  *)

J’étais même allée jusqu’au Cambodge pour le finir, cf mon précédent billet de blog. Et que le maillot de bain rose fluo que vous apercevez sur la photo ne vous y méprenne pas: ça a taffé, entre deux mojitos. La preuve en images :

 

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Les seins, sur la photo, c’est pas un argument de vente. Enfin pas que. C’est avant tout un hommage au mouvement lancé par mon autre idole – clairement, dans un  autre genre – Titiou Lecoq. Le concept est simple : se prendre en photo avec son livre et ses seins et poster le tout sur les internets (je vous facilite la tâche, les boobs sont ).

Autrement dit, operation Boobs for Books.

Notez que mon livre est vendu à 17€, soit 8.5€ par sein, c’est pas cher payé si j’en crois mon mec pour qui ce sont les plus belles choses que la création ait jamais vu (je ne peux que le croire sur parole, c’est quelqu’un de très intelligent).

Bref, comme je disais, c’était du boulot. J’ai bien essayé de me mettre en conditions : musique d’intello (Keith Jarett) boisson d’artiste torturé (tisane au thym) et plantes vertes feng shui (ficus).

Ça n’a pas très bien marché (sauf pour l’image tout à fait trompeuse que je reflète sur les réseaux sociaux).

De même, j’ai essayé d’écrire sur du papier,  mon iPad, mon téléphone, ou des post-it, dans le bruit, le silence, à Paris ou à Phnom-Penh. Tout ça n’était pas très efficace (d’où l’année et demie).
C’est parfois des trucs tout bêtes qui ont marché, comme recevoir un message qui me disait « ne lâche pas, même le premier roman de Proust était nul » (coucou Oussama).

Réponse mentale : « Dans ces conditions, je vais gladly me remettre à produire de la merde, je vais pouvoir facile expliquer aux gens que c’est qu’une phase dans mon chemin vers l’accomplissement de l’oeuvre littéraire du siècle. »

Une fois que le gros du boulot a été fini, il a fallu le faire lire. Hello la crise cardiaque quand ma coloc d’amour m’a envoyé par texto « J’ai lu ton manuscrit, on en parle ce soir ».

J’ai failli brûler tous les exemplaires ce jour là, par crainte qu’elle m’explique gentiment que je devais me cantonner au marketing (ça me dérange dans mon quotidien, le marketing, mais j’avais envie de rentabiliser mon billet d’avion pour le Cambodge, a minima). Mais en fait ça allait, elle l’avait pas fait exprès de me faire peur, ma pauvre petite coloc d’amour. Je lui en veux pas, d’autant que depuis elle se pâme d’admiration à qui veut l’entendre, et ce en toute objectivité (et je lui paye même pas de commission).

Finalement, il a suffi d’un simple signe pour que s’arrête la crise cardiaque perpétuelle : qu’un professionnel du secteur daigne en faire un vrai livre. Genre, avec des pages, un ISBN et tout. Et c’est pas un charlatan, Armand (croyez moi j’ai vérifié) (et plutôt deux fois qu’une) (et à l’époque il était pas encore au courant pour l’histoire des boobs) (a priori il la découvre en même temps que vous, à la lecture de ce billet) (qui l’eut cru) (pourquoi se faire chier à écrire des livres quand on peut poster des photos de ses seins sur internet, je me le demande).

Bref, depuis ce lendemain de Salon du Livre et selfie béni, je plane sur un nuage de lettres et de mots, en faisant fi des questionnements perpétuels sur le titre, la couverture, la réception par le public, la critique, ou encore l’empreinte écologique.

Si vous n’aviez pas déjà été conquis par cet argumentaire, vous pouvez lire le résumé ici, et vous le procurer dans toutes les librairies, Fnac, Amazon, enfin le truc habituel, et ce dès le VENDREDI 13 Février (no kidding).

Merci aux lecteurs / bloggeurs qui ont déjà eu la gentillesse d’en parler (ici, , ou encore ) (bisous).

Si vous y tenez vraiment, je suis ouverte aux critiques. On m’a déjà dit qu’il y avait trop d’adverbes (refus d’éditeur numéro 1) et qu’on ne pouvait pas écrire des blagues et écrire sur un suicide en même temps (refus d’éditeur numéro 2) (heureusement pour moi, la maison Intervalles faisait partie des 3 à qui je l’avais envoyé).

Je sais pas encore trop si je vais en tirer des leçons pour le second roman. De toutes façons, c’est pas pour tout de suite : ne vous fiez pas au quantitatif, c’est pas parce qu’un roman ne correspond qu’à environ 2678 tweets que ça veut dire que le prochain sortira bientôt.

Je suis quelqu’un d’occupé, moi, figurez-vous

En attendant, je vais essayer de reprendre le récit fascinant de mes pérégrinations de dinde, j’avais quelques scrupules à parler de ma vie sexuelle sur internet depuis que j’avais commencé un vrai travail, mais maintenant que j’ai bientôt fini ma période d’essai, je vois plus vraiment ce qui me retient (coucou T & Q).

Bisous bonne lecture


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p.s: crédit photo de Une <3 Didier Forest