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Ce qu’une critique de Frédéric Beigbeder a changé à ma carrière d’écrivain


Voilà, c’est officiel, ça fait très exactement deux mois que Frédéric Beigdbeder m’a fait l’honneur de choisir mon roman pour sa chronique dans le Figaro Magazine.

hotel international beigbeder

J’ai attendu deux mois pour en écrire une chronique car j’ai été pas mal flemmarde soucieuse de retranscrire la totalité des répercussions que ce moment d’épiphanie allait pouvoir avoir sur ma si jeune et déjà prometteuse carrière d’écrivain.
Deux mois, je me disais, ça laissait au monde de l’édition et aux artisans de feux d’artifice le temps de s’organiser. C’était suffisamment long pour que les critiques de tous les quotidiens nationaux puissent dépêcher leurs reporters. C’était bien assez long pour maturer tous les événements qui auraient métamorphosé mon existence littéraire.

C’était important ce travail d’analyse. Je pense qu’il est primordial, pour mes confrères écrivains plein de talent, de partager mes propres expériences, dans un souci de transmission et d’échange, à la recherche de l’enrichissement mutuel et du don de soi.

Voilà donc ce qu’il s’est passé, après la publication de cette chronique :

** absolument rien. **

Nada. Que dalle.

(pour ceux qui seraient comme moi un peu flemmard soucieux d’optimiser votre pause café, vous pouvez arrêter là. Mais n’oubliez pas d’acheter mon livre. Bisous)

Je suis mauvaise langue. Certes, je n’ai pas eu droit aux flots incessants d’appels de journalistes internationaux auxquels je m’attendais (et que je méritais, ça va sans dire), mais j’ai eu au moins droit à une bonne douzaine de :

« ah ben maintenant que Beigbeder a écrit sur toi, je vais peut être considérer lire ton bouquin. »

Sous entendu, avant, c’était de la daube peu digne d’intérêt, mais maintenant que Mister B himself en a fait un papier, qui plus est titrant « Bridget Jones« , je frôle easy le prix Goncourt.

Non, la réaction unanime à la publication de ce papier n’a pas été « bravo, je vais de ce pas en réimprimer 10 000 exemplaires » ou « je vais l’offrir à toute ma famille » ou encore « laisse moi donc le traduire en 4 langues » mais bien :

« Avoue, t’as couché avec pour avoir ton papier ? »

Je sais que je parais pas mal prête à tout pour réussir. Tout simplement car c’est la vérité (qu’on se le dise, Pierre Niney, si tu insistes pour avoir un rôle dans l’interprétation d’Hôtel international au cinéma, je serai dans l’obligation de passer  à la casserole) (bref) (je m’emêle un peu les pinceaux).

Mais il se trouve que je n’ai pas couché avec Beigdbeder (pour l’instant) (je précise car sur Internet ce qu’on écrit à tendance à rester pour la vie, et je ne peux préjuger de rien sur les idées saugrenues qui me passeraient par la tête, qui sait, dans 50 ans !) (ça vaut pour Pierre Niney aussi).

Non, je suis prête à tout pour réussir, c’est pourquoi afin d’avoir une critique dans le Figaro Magazine j’ai commencé par ÉCRIRE UN ROMAN. Bande d’obsédés. Est ce que ça suffit pour que Beigbeder écrive sur vous dans le Figaro Magazine ? Non, bien entendu.

Coucher avec n’est pourtant pas la solution, et voilà pourquoi :

individu de type bonnasse

Franchement, je me trouve pas trop mal, avec le bon filtre Instagram et des lunettes de soleil, mais soyons réalistes : Frédéric Beigbeder a déjà la possibilité d’avoir des relations sexuelles avec cette personne de manière gratuite, pourquoi se ferait-il chier à écrire une chronique de toute une page avec moi ? Aucune raison. Absolument aucune.

Pour tout vous dire, il se trouve que mon éditeur (coucou Armand) a eu la brillante idée de m’inviter à une conversation consacrée à la littérature de Bret Easton Ellis, tenue dans une petite galerie d’art contemporain- slash- librairie indépendante du Marais, où j’ai eu l’opportunité d’y rencontrer Beigbeder (qui, je cite, avait « récemment vu Bret à L.A. »).

Dans ce cas de figure, pas besoin d’être bonnasse, il suffit d’être bobo. Et je ne vous cacherais pas qu’il m’arrive de temps en temps de lire Télérama (ou à défaut, de le laisser nonchalamment traîner sur la table du salon): amplement suffisant pour meubler les 10 minutes de conversations qu’il a bien voulu m’accorder.

Après quoi, je dois bien admettre que je n’étais pas sereine sereine quant à la possibilité d’une couverture presse, dans la mesure où en l’espace de 10 minutes il a quand même réussi à me caser :

– « vous êtes vraiment très arrogante » (effarement numéro 1)

et

– « je ne suis pas sur Twitter » (effarement numéro 2)

Finalement tout s’est bien passé, les planètes se sont alignées (modulo la grève des distributeurs de journaux le jour de la parution, mais c’est un détail) et j’ai même réussi à faire acheter à mes tantes communistes un exemplaire du Figaro pour la première fois de leur existence.

Quant au fond (du papier), je vous laisse juger par vous même, cf plus haut, copie tout à fait illégale d’un article aujourd’hui accessible en version payante sur le site du Figaro (c’est pour me réconcilier avec mes tantes communistes).

Je ne suis pas sûre d’être en mesure de critiquer la critique, sinon, on ne s’en sort plus. Frédéric me « situe sexuellement » (Frédéric, a-t-on élevé les cochons ensemble ? De quels éléments disposes-tu pour me situer sexuellement ? Je l’ignore) entre « Emmanuelle et Bridget Jones ». Pour Bridget, je vois pas mal, c’est le reflet d’une génération, ce serait mentir que de dire que je ne l’ai vu lu qu’une fois, ou deux (la vérité : 67, bien tassées). Pour Emmanuelle, je vois moins- serait ce mon goût prononcé pour le 7ème art qu’il a perçu au premier coup d’oeil ?

J’ai bien peur que ça ait induit en erreur une tripotée de lecteurs ravis à l’idée de pouvoir se branler la nouille sur des scènes érotico-exotiques : spoiler alert, il n’y en a (presque) pas dans le livre (mais achetez-le quand même, svp).

Voilà, à défaut de répondre aux questions incessantes des journalistes sur mon processus d’écriture, j’ai répondu aux questions incessantes des indiscrets sur ma vie sexuelle. Laurent Ruquier, il est encore temps de se manifester, je passe pas mal à la caméra (si vous m’autorisez les lunettes de soleil et le duckface) – vous l’aurez compris, je couche pas pour réussir, mais je suis pas votre genre de toutes façons !

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Emmanuelle, Frédéric et moi

D’autres avis éclairés de gens moins connus mais tout aussi professionnels :

– « Sous le soleil pas exactement » dans Grazia, par Maguerite Baux

– Dans le Pilc Mag, par Stéphanie Joly

– « Suicide d’un père » dans Service Littéraire, par François Kasbi

– Sur le blog BlaBlaMania

– Sur H-zine par Téri Trisolini

PS : un immense merci à Alex, a.k.a Golden Delivet, a.k.a Delivouz, sans qui rien n’aurait été possible.

et Didi, a.k.a Dark Didi, a.k.a π Didi – pour tout le reste.


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