San Francisco

1 mois et 10 trucs cools à San Francisco

Aujourd’hui, ça fait 1 mois jour pour jour que je suis à San Francisco. 30 jours passés à arpenter une ville difficile à aborder, pas forcément très accueillante, et qui se révèle par petit bout, pépite après pépite – il faut être patient pour aimer San Francisco, je vous fais donc gagner du temps, voici les 10 trucs les plus cools que j’ai fait, toutes catégories confondues, pour tous vous rendre jaloux vous donner envie de me rendre visite.

1. Dîner à Alexander’s Steakhouse

Je ne sais pas si je suis réellement contente d’être allée dans ce restaurant, car j’y ai mangé la meilleure nourriture de toute ma vie, alors que c’était seulement mon deuxième jour à San Francisco. Il était évident que mes expériences gastronomiques allaient se dégrader considérablement par la suite – SF reste géolocalisé aux Etats-Unis, le pays du fromage en spray – et mon préjugé n’a pas été démenti. Depuis, je ne fais donc que me nourrir en repensant avec mélancolie à cette soirée bénie où mon palais ne faisait qu’aller de surprises en orgasmes et de plaisirs en découvertes.

Mais pourquoi se plaindre d’un dîner si divin (ceci n’est pas une question rhétorique, la réponse est « parce que je suis française »). J’y ai mangé du boeuf de kobé et bu du vin presque aussi vieux que moi, mais bien meilleur à tous égards.

Par contre, je vous aurais prévenus, il faut être millionaire pour y manger. Jusqu’à présent j’avais pas spécialement envie d’être millionaire (juste, genre, riche, ça m’allait) – mais « pouvoir manger au Alexander Steakhouse quand je veux » est maintenant devenu un élément de motivation important.

Bien manger = être heureux (photo: @ Ouss)
Bien manger = être heureux (photo: @ Ouss)

 2. Faire une randonnée à Point Reyes

Au Nord de San Francisco, à 1h30 théoriques de voiture (3 ou 4h en réalité, sur une route embouteillée quasiment du début jusqu’à la fin) on peut faire une randonnée qui comporte les 4 caractéristiques qui font d’elle, d’après moi, la randonnée parfaite :

  • numéro un : le sentier est localisé à la croisée des chemins (sans mauvais jeu de mots) entre la montagne, la mer et la forêt, cas de figure qu’on ne retrouve que très rarement dans le monde.
  • numéro deux : on peut y voir des renards de très près et aussi, si on est chanceux (comme nous), des baleines sauter dans la mer.
  • numéro trois : c’est une vraie randonnée, c’est long, c’est la nature et les petits sentiers, mais qui ne monte pas. C’est donc « fatiguant » mais pas « 800-mètres-de-dénivelée-fatiguant ». Moi qui vient d’une famille de grenoblois, j’en ai bouffé des mètres de dénivelée, et j’ai eu ma dose, merci bien. Le facteur « montagne » est donc relativement limité en altitude; juste suffisant, en somme.
  • numéro quatre : les passages forestiers ressemblent au décor de Jurassik Park. Et je pense qu’on est tous d’accord sur le fait que tout ce qui a trait aux dinosaures = le summum du cool.

Et pour couronner le tout, grâce à l’équipement technologique de mes camarades de rando, j’ai découvert à la fin de la balade qu’on avait dépensé des centaines de calories. De quoi se ruer sur les donuts et les slushies du 7-Eleven sans aucun complexe.

Cet animal est aussi mignon qu'il est élégant, un peu comme Nathalie Portman (photo @ Max)
Cet animal est aussi mignon qu’il est élégant, un peu comme Nathalie Portman (photo @ Max)

3. Conduire jusqu’à Big Sur

Je préfère être honnête : ma journée passée à longer la Road 1 vers le Sud jusqu’à Big Sur, je l’ai aimée parce que j’étais en Porsche décapotable. Et oui, je ne suis qu’humaine : donnez-moi une voiture qui brille, qui roule vite, et des sièges en cuir, et je me réjouis. Je suis comme ça, j’aime les plaisirs simples mais aussi ceux qui coûtent vraiment très cher.

Autre avantage majeur, mon compagnon de voyage a toléré toute ma playlist pendant le trajet, et j’ai pu donc écouter, à loisir et vraiment très fort, Des’Ree, Janet Jackson, NTM et Doc Gyneco, et aussi tout un tas de clichés sur San Francisco (The Mamas and the Papas, « If you’re goiiing tooo .. etc », La Maison Bleue : je les ai tous fait).

Si vous n’avez ni Porsche, ni playlist cool, vous devriez quand même apprécier le voyage, même si je vous conseille de vous procurer au moins l’un des deux éléments.

En rentrant, j’ai pu constater que je m’étais payée un coup de soleil qui avait attaqué la peau de mon front et de mes épaules au troisième degré, et malgré les litres de crème à l’aloe vera étalés, je n’ai pas pu échapper à l’étape de la mue. Je considère ce contrecoup comme un juste rappel de mon statut social : non, tous les corps ne sont pas adaptés aux journées en Porsche. Seuls les fronts d’authentiques riches supportent l’exposition au soleil porschien prolongé. Le mien, prolétaire, est bon pour aller faire une manif.

Somewhere on California Pacific Coast #waves #endofsummer #seaside #stairwaytoheaven

Une photo publiée par Rachel Vanier (@vanierrachel) le

4. Passer une soirée à la California Academy of Science

J’ai écrit tout un article sur le sujet, alors je ne vais pas me répeter ici. Si je devais le résumer en trois mots, les voici: musée + DJ + mojito. Dans l’article, les prénoms ont été changés car c’est ma petite fantaisie, mais tout le reste est vrai.

I identify a lot #girafe #museum #instatall Une photo publiée par Rachel Vanier (@vanierrachel) le

5. Ecouter Salman Rushdie au Nourse Theater

Je suis allée voir Salman Rushdie répondre à quelques questions sur sa vie et son nouveau bouquin Two Years, Eight months and twenty-eight nights. C’était au Nourse Theater, dans le cadre d’un programme d’interviews d’écrivains (dont Orhan Pamuk, Elvis Costello ou même Jessie Eseinberg, qui ne fait pas que des films, apparemment) qui sont accueillis comme des stars par un public hurlant, dans un théâtre bondé. Le simple fait que cette soirée existe m’a fait un peu plus aimer les Etats-Unis.

Comme beaucoup de gens j’admire Salman Rushdie principalement pour la force de sa position politique de défenseur de la liberté d’expression. Je me souviens très précisément du jour où j’ai appris l’existence de l’affaire des Versets Sataniques et de la fatwa prononcée contre son auteur, dans un de mes cours à Sciences Po – probablement lorsqu’elle a connu un renouveau d’actualité au moment où Rushdie s’est fait distinguer Chevalier par la Reine d’Angleterre. Je me souviens même de l’endroit où j’étais assise dans l’amphi et du temps qu’il faisait dehors, comme tous ces souvenirs émotionnels qui vous frappent particulièrement. Je ne sais pas très bien pourquoi ça m’a fait un tel choc, ce devait être un mélange de la violence de la réaction de l’Iran, la puissance du courage pour y faire face, peut-être l’émotion avec laquelle en parlait mon professeur, ou l’aberration que me procurait – et me procure toujours – la religion quand elle devient si agressive.

Je n’ai pas pris de notes mais voici en quelques mots ce que j’en ai retenu. Comme on est aux Etats-Unis, la conversation a commencé par une petite pirouette bien sentie du journaliste, et une réplique encore plus drôle du héros de la soirée. Le journaliste a alors dit à Rushdie (je raccourcis) : « Ah mais en fait, t’es vachement drôle comme mec », ce à quoi il a répondu que dans le milieu littéraire, si on voulait être pris au sérieux, il fallait avoir l’air sérieux. Et parce qu’il avait envie d’être pris au sérieux, il écrivait des livres sérieux. Et aussi, avec la fatwa et les menaces de mort et tout, on avait tendance à le prendre pour quelqu’un de sérieux – sans rire – mais que oui en fait, il lui arrivait de faire des blagues.

Il a expliqué que la fiction, voire le surnaturel, était le meilleur moyen de décrire le « gris » qu’il y a entre le bien et le mal, et que c’était ça, la force du roman, et ça, le rôle des romanciers.

Il a raconté une anecdote sur son pote Robin Williams, témoignant son admiration pour sa capacité à improviser : un jour de performance sur scène, Robin a remarqué un bruit d’oiseau venant du balcon, alors il s’est arrêté et s’est adressé au public en demandant : « Est-ce que quelqu’un est venu avec un oiseau ? » et une dame a confirmé dans l’audience. Alors il lui a demandé : « Quel genre d’oiseau est-ce que vous avez ramené ? » –  c’était un perroquet. Sans se démonter, il lui a demandé comment s’appellait son perroquet, et elle lui a répondu « Antoine ». Pour un génie comique comme Robin Williams, c’était « environ 10 fois trop de matériel pour pouvoir improviser un sketch », a raconté Rushdie, et Robin a enchaîné pendant tout le reste de la soirée en incarnant Antoine, perroquet français existentialiste, devant le public hilare.

Il a réagi, sur demande du journaliste, aux attentats de Charlie Hebdo, sans grande originalité, partageant avec nous tous tristesse et désespoir.

C’était drôlement chouette, venez avec moi voir les autres programmations.

Salman Rushdie on stage = #rockstar 📖   Une photo publiée par Rachel Vanier (@vanierrachel) le

6. Se recueillir sur Barbary Lane

J’ai pleuré, je l’avoue voilà, je suis émotive, j’ai pleuré seule au milieu de Barbary Lane (de son vrai nom Macondray Lane). Barbary Lane c’est le nom de la rue imaginaire dans laquelle se passe toute la série de romans les « Chroniques de San Francisco », d’Armistead Maupin. Ces romans ont bercé mon adolescence, ils m’évoquent ma famille, mon amour pour les livres, des nuits entières passées à les dévorer, je les ai tous lu, plusieurs fois, je tréssaille quand j’entends un nom qui y apparait, comme « Madrigal », et j’avais imaginé des centaines de fois à quoi pouvait ressembler Barbary Lane.  Je me demande si les livres qu’on lit quand on est ados ne nous touchent pas d’une manière aussi caractéristique que cette période de la vie, où on vit aussi intensément qu’on est paumé. On projette sur les histoires qu’on lit nos émotions brutes et elles s’ancrent profondément dans nos esprits comme nos premiers émois amoureux ou la découverte de notre corps. Si je devais faire une comparaison de la force du bouleversement que m’a procuré le fait de voir Barbary Lane, je dirais que ce serait comme si j’avais l’opportunité de voir le château d’Harry Potter en vrai. Cette petite ruelle de Russian Hill me fait le même effet qu’un château magique avec des dragons et des sorciers. Les Chroniques de San Francisco sont un best-seller depuis 40 ans, je ne suis pas, et de très loin, la seule à m’émouvoir de pouvoir traverser cette ruelle, et on se sent pourtant, quand on la traverse, comme le seul explorateur, celui qui réussit à se connecter avec l’auteur par sa simple présence sur les dalles, sous les arbustes.

View from #barbarylane – #maupinfan #view Une photo publiée par Rachel Vanier (@vanierrachel) le

7. Recevoir une lettre mystère par un homme aux cheveux verts

Le jour de mon arrivée à San Francisco, je venais de rater mon amie Lili, qui était venue passer une semaine ici pour son boulot. J’étais vraiment triste de l’avoir ratée, car c’est une amie de longue date, que je ne vois que rarement, car elle vit par monts et par vaux et moi aussi. Le jour de mon arrivée, donc, elle m’a écrit qu’elle m’avait laissé une surprise au Dolores Park Café. Il me suffisait d’y aller et de demander Blake, aux cheveux verts.

Un dimanche matin, j’ai donc enfourché mon vélo, parcouru Mission en m’arrêtant à chaque feu rouge pour vérifier mon itinéraire parce que j’ai un très mauvais sens de l’orientation, jusqu’au Dolores Park Café, j’ai fait la queue, fébrile, jusqu’à la caisse, où j’ai demandé au serveur « Can I speak to Blake? » (j’avais envie d’ajouter « the guy with green hair » mais ça faisait déjà bien assez rocambolesque comme ça) – et il m’a dit « Oh, you’re Rachel, right? » et il m’a dit de m’asseoir, et il m’a apporté un café, et un cookie, et une lettre – on ne s’écrit plus assez de lettres.

J’avais l’impression d’être l’héroïne d’un film. Ca aurait pu être la lettre torride d’un mystérieux amant éloigné, ça aurait pu être la lettre codée d’une mission d’espionnage de haut vol, ça aurait pu être la lettre mystique d’un fantôme. C’était la vraie vie et la lettre d’une amie, et c’est bien aussi.

Pour pouvoir vivre un expérience similaire, il va falloir vous procurer une amie de qualité au moins équivalente à la mienne, ce qui n’est pas forcément évident. Si vous y tenez, je peux me porter volontaire pour être votre amie-qui-vous-laisse-des-lettres-mystères, si tant est que votre arrivée est programmée dans les alentours de mi- à fin novembre. N’hésitez pas, je me sens l’âme charitable.

Cookie et capuccino
Cookiccino

8. Ecouter 100 startups qui vont changer le monde

Il existe sur la planète Startup une étoile autour de laquelle gravite toute la galaxie, et cette étoile s’appelle Y Combinator. C’est un accélérateur de startup (en gros un programme intensif de 3 mois pour faire en sorte que ça marche) – que dis-je, c’est THE accélérateur de startups dont sont issues des petites boîtes qui réussissent pas trop mal comme Dropbox, Reddit ou AirBnB. Le monde entier regarde ce qui s’y passe et écoute avec admiration son fondateur, Paul Graham, ou le Roi Soleil si on continue l’analogie – hasardeuse.

A la fin de chaque saison du programme, toutes les startups font une présentation de 3 min devant un parterre d’investisseurs ultra prestigieux qui se battent ensuite pour distribuer leurs millions à la promotion d’entrepreneurs – ça s’appelle le Demo Day.

Et j.y.étais. Comment ça, allez-vous me demander, elle aurait déjà réussi son projet de devenir millionaire pour pouvoir aller manger au Alexander Steakhouse tous les soirs ? Non, voyons, pour pouvoir m’incruster, j’ai menti, tout simplement. Car dans la vie, il faut ce qu’il faut.

La première démo a annoncé la couleur. L’entrepreneur a lancé : je fabrique un robot qui fait du thé. Et sans autre forme de procès, il a enchaîné sur de mirobolants chiffres de croissance, que je me garderai bien de retranscrire ici car ces informations sont sous le sceau de la confidentialité, et les Américains déconnent pas avec le respect des contrats signés. Mon point étant : je n’ai toujours pas la moindre idée de ce que fait ce « robot qui fait du thé », par contre je sais ce qu’il fait réellement : de l’argent.

100 fois 3 min de démonstration de travail et d’innovation, et aussi de talent pour transformer ce que j’imagine être des mois voire des années de galère en quelques minutes de succès. J’aurais beaucoup de choses à vous raconter sur ces journées, mais je suis en ce moment même en train d’écrire un roman sur le sujet et si j’utilise tout mon jus sur ce blog, j’aurais plus rien pour le bouquin.

Si vous aussi vous voulez mentir pour vous inscruter dans le noyau des startups, sachez que ces démos ont lieu deux fois par an. Si vous voulez seulement tâter un peu de startups, vous pouvez tout simplement vous balader dans la rue. Elles sont toutes là.

9. Faire du vélo et se sentir chez soi

Faire du vélo à San Francisco, c’est comme manger bio ou faire du yoga : c’est so cliché. Quand on m’expliquait ça avant que j’arrive, je ne comprenais pas trop parce que, l’activité de « faire du vélo » est quand même pas mal répandue à travers le monde, et je voyais pas trop comment ça en pouvait devenir un cliché citadin. Maintenant que je suis sur place, en possession d’un vélo acquis sur Craiglist pour la modique somme de 40$, je comprends mieux.

Il se produit un phénomène quand on monte sur un vélo, ici à SF. Littéralement, au moment où on pose le pied sur la pédale, on rejoint la communauté des cyclistes : on appartient instantanément à elle. C’est une communauté insondable, sans organisation ni chef, ni règles, qui n’existe que par le fait … qu’elle est – on sait qu’on en fait partie dès lors qu’on se met à faire du vélo, on n’a pas le choix, c’est automatique.

Je m’en suis rendue compte dès le premier jour. J’ai sorti mon vélo de son garage, j’ai tourné à droite, sur Market Street, au moment où le feu passait au vert, sur la piste cyclable, et je me suis retrouvée au milieu d’une dizaine d’autres, qui m’ont happée dans leur mouvement. J’ai rejoins le peloton et ça m’a fait, sans mauvais jeu de mots de nouveau, l’effet de me pelotonner contre ce groupe d’inconnus, avec qui je partage dorénavant tous les matins, 11 minutes à couper le vent à travers Market Street. Puisqu’il y a des feux de signalisation tous les 100mètres, le peloton est assez homogène. Certains, comme moi, viennent se greffer aux perpendiculaires, d’autres tournent à droite, certains tracent en tête en se faufilant à travers les bus et les taxis. On ne se regarde pas, on ne se salue pas, on vient comme on est, avec son fixie flambant neuf ou son vieux tas de feraille; on fait bloc, les cyclistes contre le reste du monde, personne ne nous résiste, ni les gros 4×4 ni les piétons pressés.

San Francisco a bien su s’adapter à sa commuauté secrète – ou devrais-je dire plutôt, à « nous ». Pour une ville valonnée, c’est plutôt surprenant : il y a des pistes cyclables, des arcs pour accrocher sa bécane et des magasins de vélos partout. Ici, on peut même mettre son vélo dans le train. Quand je suis allée à Palo Alto, j’ai pris mon vélo jusqu’à la gare, et j’ai attendu sagement que le quai s’ouvre, j’ai suivi les autres cyclistes jusqu’au wagon dédié. On peut poser son vélo dans des compartiments, et pour gagner de la place et du temps, chacun écrit sur un étiquette jaune accrochée à sa selle à quel arrêt son vélo va sortir, pour pouvoir les assembler par ville. C’est ce que m’a expliqué mon voisin de train, en me tendant une étiquette jaune vierge qu’il avait en trop. Lorsqu’à l’arrêt suivant, un nouveau cycliste est entré dans le wagon et a tenté de déchiffrer mon étiquette, je lui ai dit, l’air de connaître parfaitement le processus : « This is Palo Alto » – et je me suis sentie chez moi.

10. Se baigner

Si on ne craint pas l’hypothermie, la noyade ou le ridicule de se faire emporter son maillot de bain par une vague (et je précise pour vous messieurs : elle est vraiment très froide), on peut se baigner à San Francisco, en sortant du boulot, ce qui est vraiment giga top cool.

Oui ceci est bien une photo de MOI en maillot de bains, pourquoi ?
Oui ceci est bien une photo de MOI en maillot de bains, pourquoi ?

Vous êtes convaincus ? Vous venez me rendre visite alors ?


 

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