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8 conseils (honnêtes) pour écrire un roman

Ecrire un roman, c’est pas facile tous les jours (comme j’ai pu le raconter dans des précédents billets, sur le roman #1  ici, et sur le roman #2 ), c’est pourquoi, dans un élan de générosité, je vous propose ces 8 trucs et astuces qui peut-être, soulageront votre quotidien de créateur torturé. Et c’est gratuit (de rien).

Rassurez-vous, je compte bien vous épargner des conseils du type : « Trouvez une intrigue puis faites évoluer vos personnages », « Choisissez un genre littéraire et un message à faire passer », et autre « Corrigez les fautes d’orthographe » – je sais déjà que vous n’êtes pas débiles, puisque vous êtes mes lecteurs chéris.

Enjoy !

[Tweet « 8 conseils (honnêtes) pour écrire un roman #NonBullshit »]

#1 Allez à la pêche aux compliments

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Le plus difficile dans l’écriture d’un roman, c’est qu’on y passe des mois, dans l’isolement le plus total, en remettant en doute, à chaque minute, son talent, ses capacités, et le sens même d’une telle entreprise. Si vous avez déjà un éditeur, en général il/elle a autre chose à foutre qu’écouter vos complaintes. Les gens normaux, qui travaillent dans des entreprises, ne peuvent pas vous remonter le moral à 15h42, quand ça fait déjà 6h que vous relisez les mêmes 3 lignes dans Word. Et on sait tous que votre mère est arrivée depuis bien longtemps à bout de votre subjectivité d’artiste.

Moi je me nourris de la reconnaissance d’autrui et dans ma vie une seule chose compte : l’approbation des autres (j’ai pas beaucoup de personnalité). Par conséquent, j’ai besoin de petits « ego-boosts » à intervalles réguliers pour avancer.

Pour recevoir des compliments, en général il faut un peu donner : envoyer un texte à quelqu’un, ou mieux, publier un truc sur Internet. On croit trop souvent qu’Internet est peuplé de trolls, alors qu’en réalité, il est tout aussi peuplé de leurs exacts opposés (les « anté-trolls » ? Les Bisounours ?) qui seront parfaitement enclins à liker tous vos posts, à applaudir votre talent, ou à exprimer leur impatience quant à la sortie du fameux roman en gestation.  Merci à eux ! 😍

#2 Identifiez votre « robinet à inspiration » (et utilisez-le avec parcimonie)

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Un robinet à inspiration c’est un(e) auteur(e) dont vous savez parfaitement que la lecture, même rapide, de son oeuvre vous donnera envie d’écrire, automatiquement.

Si vous n’en avez pas encore, choisissez plutôt quelqu’un dont le style s’apparente au vôtre, avec qui vous pouvez vous identifier, quelqu’un que vous admirez suffisamment pour être tiré vers le haut mais qui ne vous décourage pas.

Par exemple, ne choisissez pas Lautréamont. Plus personne n’écrit comme Lautréamont. Par ailleurs il est mort à 24 ans, c’est pas un modèle de réussite sociale, ça.

Moi, j’utilise pas mal Titiou Lecoq : elle est jeune, c’est une femme, elle parle de sujets profonds avec humour, et quand je lis ces bouquins ou son blog, ça me motive pour écrire aussi. Ou alors je me relis moi-même (c’est peut-être très narcissique, mais est-ce le sujet de ce billet ? Je ne pense pas).

Attention, à l’instar d’un véritable robinet, il faut surveiller sa consommation : à trop s’inspirer, on se lasse, ou alors on copie. Veillez à utiliser votre robinet qu’en cas de sérieuse sécheresse.

#SaveThePlanet #SaveTheBooks

#3 Apprenez à distinguer les moments où il faut se forcer des moments où il faut se lâcher

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D’après ma longue expérience d’écriture (soit l’ensemble des 1 livre à mon actif), j’ai remarqué que les écrivains souffrent de deux clichés :

  • l’artiste torturé qui glande rien (conseil sous-jacent : attendez que l’inspiration se manifeste)

et

  • le stakhanov ultra-discipliné qui écrit 8 heures par jour (conseil sous-jacent : écrivez non-stop qu’il pleuve ou qu’il grêle)

Je pense que ces deux tableaux sont, pour une grande majorité des cas, faux. On a tous un glandeur tapi au fond de nous, et il se bat au quotidien avec notre inner-Stakhanov : c’est à vous de faire l’arbitre. Se forcer à écrire à 8h30 quand on a absolument envie de regarder le dernier Breaking Bad, c’est assurément effacer les 3 pages produit de cet effort surhumain, dès le lendemain.

Je dis OUI à Breaking Bad, OUI à la discipline de fer, mais dans un gant de velours : 3 épisodes d’affilée, ok, mais c’est tout. Et si ça vient toujours pas, alors il faut regarder Arte, pour moins culpabiliser.

#4 Buvez un coup (de préférence de l’alcool)

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Puisque fumer de l’opium c’est plus trop à la mode depuis environ 1897 – et que par ailleurs, c’est illégal – je propose de s’autoriser un petit coup derrière la cravate de temps à autre, pour se stimuler l’organe de la créativité (l’hypotalamus ? la langue ? la prostate ? Je suis pas hyper au point niveau anatomie).

Moi par exemple, j’écris mieux des trucs drôles avec du champagne ou du rhum.

Et j’écris mieux des trucs profonds avec du Bordeaux ou de la vodka.

(ça m’a demandé pas mal d’expérimentation pour en arriver à ces conclusions, vous vous en doutez).

#5 Parlez-en (de préférence avec des gens sympas)

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Il m’est arrivé que quand je prononce la phrase : « J’écris un roman », mon interlocuteur se mette à rire aux éclats. Bon. Dans ce cas précis, c’était pas quelqu’un de sympa.

Mais il m’est arrivé aussi, même plein de fois, qu’on me recommande des bouquins, qu’on me propose de me présenter des gens, qu’on me donne des conseils véritablement utiles, voire qu’on veuille acheter le précédent livre (!) (#jackpot) (au moins 87 centimes empochés). Les gens sympas, ça existe.

Moralité : j’aurais pu éviter 80% des erreurs que j’ai faites entre la première ligne écrite et la promo du roman (ce qui représente une durée d’environ 2 ans et demi) si j’avais été moins timide quant à mon entreprise.

#6 Disposez des livres autour de vous

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Entrer dans une pâtisserie, ça donne envie de manger. Etre entouré de livres, ça donne envie d’écrire.

C’est scien-ti-fique.

#7 Ensuite, bouffez-les

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Une fois que vous êtes bien entouré(e) de livres, bouffez-les. Avalez-les. Soyez les Gorges Profondes de la littérature, balayez les pages ou décortiquez des phrases, léchez les couvertures, reniflez les tranches, soulignez, pliez, raturez, annotez, lisez un maximum de livres.

(Entre deux épisodes de Breaking Bad, ça va de soi.)

#8 Laissez des preuves sur Internet (pour vous foutre la pression)

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De la même façon que je suis dépendante de l’approbation des autres, le seul fait de savoir qu’Internet est au courant de mon projet d’écrire un roman me suffit à m’imposer une pression suffisante pour aller au bout de mon projet.

Internet n’oublie rien. Ne le décevez pas. Finissez votre bouquin.

 


Bonne chance !

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