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Les pires critiques de mon roman « Ecosystème » [uncensored]

Si vous me suivez sur Instagram, vous remarquerez que j’ai une vie particulièrement exceptionnelle faite de vacances de luxe en jacuzzi, de collègues drôles et d’amis tous plus beaux et intelligents les uns que les autres. Mon quotidien : crouler sous les articles de presse dithyrambiques sur Ecosystème, aller de pièces de théâtre en soirées branchées, d’interventions publiques en plateaux télé, et rentrer dans mon appart bobo du 11ème où les oeuvres de mes amis artistes contemporains recouvrent les murs.

Breaking News : Instagram n’est pas le reflet fidèle de la réalité. Mes journées sont faites, comme la plupart des gens, de « points » entre collègues.  J’habite chez mon mec. Je bouffe des Babybels en guise de dîner. Mes collants sont systématiquement filés. La vie normale, quoi.

Pour les romanciers, maintenir l’illusion qu’on n’est que succès et prospérité est quasiment une obligation professionnelle.

Personne n’a envie de lire un(e) auteur(e) raté(e). Personne n’a envie de savoir que j’ai fait 5 heures de train pour un sous-salon du livre dans la Creuse et fini par vendre 3 exemplaires. Tout le monde s’en fout de savoir que j’ai passé un weekend entier prostrée devant mon ordi à me demander si je devais me lancer dans 350 pages de point de vue omniscient ou interne (by the way, je n’ai pas encore tranché, c’était y’a 3 mois).

Pire : admettre qu’UNE seule personne sur les milliers de livres vendus ait pu en tirer la moindre conclusion négative serait une hérésie. C’est à chaque fois un petit bout de mon âme qu’on piétine, une négation de mon moi profond et un crachat sur ma vocation éternelle, ok, mais un crachat dont on ne parle pas.

Bref aujourd’hui, je vais faire une exception.

Ce sera un peu ma « photo Instagram sans maquillage », mon post Linkedin « Je suis au chômage ». Ma façon toute personnelle (et éphémère, ne soyez pas naïfs) de lutter contre l’image lissée qu’on se construit sur les réseaux sociaux.

Voici un florilège des pires critiques reçues pour Ecosystème. Que tous les auteur(e)s qui me lisent puissent sentir la caresse de la bienveillance que je leur fais par la même occasion.

PS: stp Internet, ne ruine pas ma carrière à cause de ce court moment d’honnêteté.

 

 

Quand tu es une déception

Critique Amazon : « Un peu déçue par ce roman »

Pourquoi c’est horrible : parce que quand on est auteur(e), on fait un pacte avec nos lecteurs et lectrices, et de livres en livres, ils – ces inconnus si proches – ont des attentes. Par le simple acte d’avoir payé 17 euros pour un premier ouvrage leur donne un droit puissant sur les 17 euros suivants : ils font un investissement. On, les auteur(e)s, leur doit satisfaction, on doit être à la hauteur.

Quand tu as la plume verte

Forbes : « Les femmes de cette génération, qui se jouent des codes pour mieux les dénoncer, ont beaucoup à dire et on compte sur Rachel Vanier et sa plume légère et affûtée, bien qu’encore un peu verte, pour nous proposer la suite des aventures de Marianne et Lucas dans le monde des start-up. »

Pourquoi c’est horrible : premièrement, parce que c’est la fin de l’article et que d’après moi, ces 6 mots annulent d’un coup d’un seul les 500 précédents. Deuxièmement, parce qu’à coup d’un roman tous les deux ans, si je veux que ma plume murisse vers un fruit bien juteux, il va falloir que j’attende une bonne décennie.

Quand tu « as le mérite de… »

La Cause Littéraire : « …et le roman lui-même, dans lequel on reconnait bien pourtant la patte de l’auteur d’Hôtel International, a un peu de mal à décoller, alourdi peut-être par son sujet très technique, mais c’est bien le roman de la génération start-up qui a donc le mérite de tenter de rendre tangible, sur un plan littéraire, cet univers des plus dématérialisés qui est en train de prendre de plus en plus de place dans nos vies. »

Pourquoi c’est horrible : parce que la critique a dû faire un effort pour mettre en avant tes qualités tant toute la merde qu’elle pensait prenait de la place. Et qu’on ne peut pas lui en vouloir car elle aurait aussi juste pu dire des méchancetés, mais qu’elle est gentille, au fond, et que toi, tu n’es que du caca de fourmi.

Quand tu as trois étoiles sur cinq

C’est quoi le délire avec le fait de mettre 3 étoiles ? TROIS étoiles. Si tu n’aimes pas : mets donc 0, ou 1. Assume ton geste. Et si tu as passé un bon moment, ne sois pas radin ! Pense aux mois de travail, pense aux autres daubes que tu as lues avant.

Pourquoi c’est horrible : parce que quand tu es haï par des 0 ou des 1, tu peux toujours te cacher derrière le fait que le grand public ne comprend rien à ton art. Et quand tu as 5/5 et bien, tout va bien. Mais le 3/5 : c’est le trou noir. C’est le void du moyen, du bof, de l’acceptable. Personne n’a envie d’être « passable » ou « acceptable » en littérature.

Quand tu es un piètre tout

Critique Amazon : « C’est un piètre scénario servi par deux tout aussi piètres personnages, et qui n’ont manifestement pour seul objectif que de déclamer des termes « techniques » propres à l’entreprise et aux start-ups. Et le tout sur fond d’histoire pseudo romantique….c’est parfois long, ça tombe souvent à côté de la plaque, et finalement assez prétentieux. »

Pourquoi je m’en fous : bon là le mec aime pas, qu’est ce que je peux y faire ?

 

 

La bonne nouvelle, c’est que j’ai survécu. Voilà comment.

On pourrait se dire qu’on peut compenser en relisant les critiques positives reçues par ailleurs. En relativisant le fait que chaque ouvrage a son public. En se disant que même Proust s’est fait critiquer en son temps. En se nourrissant des remarques constructives pour améliorer son style.

Tout cela est faux. Rien ne compense une critique négative.

Vous voulez savoir comment j’ai survécu ? Grâce à une grosse consommation d’alcool de chocolat. Je continue d’écrire et je continue de recevoir des reproches et je continue de ressentir des petits coups de poignard à chaque fois.

Mais ça ne m’empêche pas de faire de belles photos Instagram !

 


 

 

Vous voulez m’aider ? Laissez moi un commentaire TOUT DOUX sur Amazon ou la FNAC ou envoyez-moi des chocolats et de l’alcool chez mon éditeur au 2 rue Bleue 75009 Paris.

Vous voulez lire les critiques positives ? Je les ai toutes mises sur Internet bien sûr.